Apnée
Les clapotis discrets caressent
Les Oreilles de Vénus,
Fragiles portes d’agrumes
A l’ombre des géants.
Je ne veux plus regarder
Le reste du monde,
Seulement avaler
Le vide,
Jouer à respirer
L’océan tout autour.
Le temps fait la sieste
Avec la pendule bleutée
Qui négocie mon cœur
Au rythme des marées.
Ce pays de silence,
Où balancent
Entre deux eaux
Des cheveux d’arrogance,
Aux bras tentaculaires,
Agite ses rêves
D’émeraude,
Ses pensées
De forêt
A la robe salée.
Les abîmes effleurés,
Ecrasés, sans lumière,
Accrochent de leur griffes
Visqueuses
Mes plus noires pensées.
Ne restent suspendues
A mon visage absent
Que les larmes
Ephémères
Qu’avant ce voyage
La Terre m’avait laissé
Emporter.
Là-haut le ciel mouillé
Reçoit le don fragile
Des nuages d’avril.
Là-haut, la coque brillante
Attend.
Mais moi, je reste là,
Chez moi.
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