Mon aimé
J’envoie mon messager par delà les montagnes qui bordent mon voyage, afin de te conter une aventure qui m’est survenue il y a peu de temps.
Alors que fourbue, je m’étais allongée à l’abri dans une petite grotte, je ne pus empêcher le sommeil de s’emparer de moi. Je ne sais si mes songes furent agités ou si une quelconque intervention extérieure fit assez de bruit pour me déranger, mais je m’éveillais en sursaut, le corps moite et le cœur haletant.
J'ignore combien de temps je dormis, mais la nuit maintenant était tombée et je ressentais une grande crainte à l’idée de repartir dans l’instant. Je décidais donc de rester, et de consommer le peu de vivres qui me restait.
C’est alors que derrière moi un bruit se fit entendre. Enfin, je dois dire que plus qu’un bruit, ce fut plutôt un bruissement. Et je ne sus pourquoi, je fus paralysée d’inquiétude.
Mon ami, tu connais pourtant le courage et l’obstination qui sont les miens. Pourtant, je ne pus plus faire un geste et je demeurai saisie comme la statue de glace dont je t’avais parlé un jour, je ne sais s’il t’en souvient.
Le bruissement prit alors corps, et je sentis dans mon dos la caresse d’une main de papier. J’espère que tu ne penses pas que j’ai perdu la raison, mais je t’affirme qu’à cet instant, une main aussi légère qu’une aile de libellule m’effleurait la peau et faisait naître en moi des milliers de frissons que je ne pouvais maîtriser. Ladite main se fit plus aventureuse et je rougis encore maintenant en me voyant te conter ce qui suivit. Du dos, l’aile inconnue se faufila sur mes seins dont les mamelons devenaient aussi durs que les cerises miniatures de notre jardin secret. Je ne pus voir la main, car la grotte était sombre, mais je sentais les doigts fins et délicats entreprendre leur plongée vers mon bas ventre, celui là même que tu appelles ton lagon océanique. Et là, d’un bref pincement dont la précision me sidère encore maintenant, la petite aile coquine me fit jouir aussi violemment que ta langue sait le faire dans nos ébats mystérieux. Je ne pus empêcher le cri d’extase qui explosa de ma bouche quand cet orgasme inattendu m’inonda, et je suis encore tremblante alors que je t’écris cette missive pour t’en raconter ces détails d’une intimité que toi seul peut connaître.
Mon tendre amour, au moment même où je reprenais mon souffle, la main d’aile disparut et je pus rouvrir les yeux que j’avais clos par la puissance du plaisir. Et là, quel étonnement pour moi ! Il faisait jour, et la grotte était illuminée par les rayons bienfaiteurs du soleil.
Combien de temps s’était-il donc passé ?
Qu’était donc cette main qui ressemblait tant à la tienne ?
Pourquoi vivre telle expérience si loin de toi ?
Je ne connais les réponses, mon ami, mais je tenais à te faire partager cette expérience incroyable et magnifique.
Mon messager ailé sait te trouver à tout instant, et tu peux lui confier toute missive sans te soucier de son intégrité.
Je te porte en moi, mon doux amour, comme on conserve en soi la chaleur d’un baiser volé au temps.
Je t’aime.
Bonjour !
Je viens de créer ce blog pour mettre en ligne certains de mes poèmes et textes poétiques . J'aime faire partager ma passion pour l'écriture et suis ravie de pouvoir donner du plaisir à travers le choix de mes mots. Puissent-ils vous faire voyager !
Merci à tous ceux qui me liront et qui mettront leurs commentaires. Un merci particulier à l'ange qui guide ma plume...
N'hésitez pas à critiquer, la critique est toujours constructive !
jeudi 19 juin 2008
Publié par
Stéphanie
à
14:22
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